Posséder, louer ou revendre un bien immobilier au Cameroun donne lieu à plusieurs impôts. Beaucoup de propriétaires les découvrent tard, au moment d'un contrôle ou d'une revente. Cet article reprend les taux publiés par la Direction générale des impôts (DGI) dans sa fiche technique sur le système fiscal camerounais et explique à quel moment chacun intervient.
Important : les taux de la fiche DGI sont indiqués hors centimes additionnels communaux (CAC). Les règles précises (base imposable, déductions, abattements, obligations déclaratives) sont fixées par le Code général des impôts et modifiées chaque année par la loi de finances. Pour votre situation personnelle, rapprochez-vous de votre centre des impôts, d'un expert-comptable ou d'un fiscaliste.
Les impôts de l'immobilier en un coup d'œil
| Impôt ou taxe | Taux affiché par la DGI | Quand s'applique-t-il ? |
|---|---|---|
| Taxe sur la propriété foncière (TPF) | 0,1 % | Chaque année, pour les propriétaires d'immeubles |
| Revenus fonciers (loyers) | 30 % | Quand vous percevez des loyers |
| Impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) | Barème progressif de 10 % à 35 % | Selon la catégorie de revenus et le régime du contribuable |
| Plus-value sur cession immobilière | 5 % | Quand vous vendez un bien avec un gain |
| Droits de mutation entre vifs (enregistrement) | Droit proportionnel de 15 %, 10 %, 5 %, 2 % ou 1 %, ou droits fixes selon le cas | À l'achat et à la vente, lors de l'enregistrement de l'acte |
| TVA | 17,5 % | Opérations imposables, notamment pour les professionnels de l'immobilier |
1. La taxe sur la propriété foncière
La DGI affiche un taux de 0,1 % pour la taxe sur la propriété foncière. Elle concerne les propriétaires et se règle chaque année auprès de l'administration fiscale. Demandez à votre centre des impôts la base de calcul et le montant exact pour votre bien, et conservez les justificatifs de paiement : ils sont souvent demandés lors d'une vente.
2. L'impôt sur les loyers
La fiche de la DGI mentionne un taux de 30 % pour les revenus fonciers. Il s'applique au revenu foncier imposable, qui se calcule après les déductions que le Code général des impôts autorise. Le montant à payer dépend donc de votre situation : statut du bailleur, charges déductibles, régime d'imposition. Pour une estimation fiable, faites établir le calcul par un professionnel ou par votre centre des impôts.
Votre locataire peut aussi avoir des obligations, notamment s'il s'agit d'une entreprise. Précisez dans le bail les obligations de chacun et conservez des quittances pour tous les loyers (voir notre guide du bail d'habitation).
3. Les droits d'enregistrement à l'achat
Au moment de l'achat, l'acte de vente est enregistré et donne lieu à des droits dont le taux dépend de la nature de l'opération. C'est l'un des postes les plus lourds de l'acquisition : voir le détail et l'exemple chiffré dans notre article sur les frais de notaire et droits d'enregistrement.
4. L'impôt sur la plus-value à la revente
Quand un bien est revendu plus cher qu'il n'a été acheté, la DGI affiche un taux de 5 % pour l'impôt sur la plus-value de cession immobilière. La plus-value correspond, en principe, à l'écart entre le prix de cession et le coût d'acquisition (augmenté des dépenses admises). Gardez donc tous les justificatifs d'achat et de travaux : acte de vente, reçus du notaire, factures de construction ou de rénovation.
Vos obligations pratiques
- Identifiant fiscal : le numéro d'identifiant unique (NIU) est généralement exigé pour les démarches fiscales. Faites-le établir avant d'engager une vente ou une mise en location.
- Déclarations : renseignez-vous auprès de votre centre des impôts de rattachement sur les échéances de déclaration et de paiement.
- Conservation des pièces : titre foncier, acte d'achat, baux enregistrés, quittances de loyer, preuves de paiement des taxes.
- Calendrier : les lois de finances modifient régulièrement les règles. Vérifiez les taux en vigueur chaque année sur le site de la DGI avant de décider d'un achat, d'une vente ou d'un prix de loyer.
Pourquoi cela compte pour un investisseur : ces impôts réduisent le rendement réel d'un bien locatif. Notre article sur le rendement locatif montre comment les intégrer dans votre calcul.
Cet article donne des informations générales à jour au 3 octobre 2026. Les taxes, tarifs et procédures évoluent avec les lois de finances et les textes réglementaires : il ne remplace pas l'avis d'un notaire, d'un avocat ou du centre des impôts. Vérifiez toujours les montants avant de signer.